La broncho-pneumopathie chronique obstructive

BPCO, une maladie pulmonaire chronique grave et méconnue

30 déc. 2009 Maria BARDOULAT

Marche nordique - lesmarchesbpco.fr
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La BPCO est une maladie inflammatoire chronique et lentement progressive des poumons et des voies aériennes. Description.

Grave mais encore très peu connue en-dehors du monde médical, la BPCO ou broncho-pneumopathie chronique obstructive est une maladie qui provoque une altération irréversible des bronches et évolue insidieusement, entraînant une dégradation respiratoire progressive.

Principales causes et conséquences de la BPCO

Au stade précoce, la BPCO se manifeste sous la forme d'une toux chronique et d'expectorations, soit des symptômes souvent banalisés, notamment par les fumeurs qui pourtant sont les plus concernés. Le tabac est en effet reconnu comme étant le principal facteur de risque et le premier facteur aggravant de la BPCO : on le retrouve dans 80 à 90 % des cas* !

Des substances inhalées en milieu professionnel (poussières, fumées, vapeurs toxiques...) sont parfois aussi mises en cause. Résultat : ces facteurs provoquent une irritation et une contraction chroniques des bronches ; l'inflammation associée entraîne un épaississement de la paroi bronchique, ce qui rend le passage de l'air et l'élimination naturelle du mucus plus difficiles, avec aggravation de l'obstruction bronchique.

Ces premiers symptômes, que l'on peut réunir sous le terme de bronchite, deviennent ensuite plus fréquents et s'accompagnent de difficultés respiratoires définies comme des dyspnées. Elles se traduisent par un essoufflement qui, en l'absence de prise en charge, évoluera lentement vers l'insuffisance respiratoire chronique. Et, en fin de compte, la personne souffrant de BPCO se retrouvera sous oxygénothérapie ou sous ventilation.

Comment savoir si l'on souffre de BPCO ?

En cas de bronchites et/ou d'essoufflements inhabituels, il est préférable de consulter un médecin qui, s'il le juge utile, vous proposera une mesure du souffle à l'aide d'un test simple. En vous faisant expirer dans un petit appareil, le médecin obtiendra une première estimation de votre capacité respiratoire. Et, en cas de besoin, il vous prescrira un second test plus précis à effectuer chez un pneumologue : il s'agit de la spirométrie, ou exploration fonctionnelle respiratoire (EFR).

Une fois le diagnostic posé, la BPCO est définie selon quatre degrés de gravité :

  • BPCO légère (de 80 % à 100 % de capacité respiratoire) :

La personne s'essouffle en cas d'activité physique intense : quand elle monte rapidement un escalier, quand elle marche vite... Elle est parfois sujette – notamment au réveil – à des toussotements et à l'expectoration de mucosités.

  • BPCO modérée (de 50 à 80 % de capacité respiratoire) :

La personne s'essouffle lors d'activités physiques simples, hors de tout contexte d'intensité particulière. Il lui est difficile d'effectuer une tâche un peu pénible. Plusieurs semaines peuvent lui être nécessaires pour se remettre d'un rhume ou d'une infection respiratoire.

  • BPCO sévère (de 30 à 50 % de capacité respiratoire) :

Jour et nuit, la personne éprouve de réelles difficultés à respirer. Il lui est impossible d'effectuer une activité professionnelle ou de réaliser des tâches physiquement difficiles, et il devient difficile de monter des escaliers. La personne est facilement fatiguée et essouflée.

  • BPCO très sévère (moins de 30 % de capacité respiratoire) :

La personne est très essoufflée lors d'un exercice mineur. Elle éprouve quotidiennement d'importantes difficultés respiratoires. Il lui est impossible d'exercer une activité professionnelle. Elle est constamment fatiguée.

Peut-on guérir de la BPCO ?

Les traitements actuels peuvent ralentir l'évolution de la maladie et en diminuer les symptômes, mais l'on ne peut pas parler de guérison car il s'agit d'une maladie qui, une fois enclenchée, devient chronique et lentement évolutive. La BPCO concernant essentiellement des fumeurs, il est essentiel de se soumettre à un sevrage tabagique pour enrayer son évolution. En l'absence de prise en charge adaptée, la maladie peut rapidement évoluer vers une insuffisance respiratoire sévère, puis entraîner des complications aiguës appelées exacerbations, lesquelles peuvent parfois être à l'origine de décès prématurés, c'est-à-dire avant 65 ans...

Il est donc primordial de se faire dépister dès le premier signe d'alerte. Or, actuellement en France, 2 personnes sur 3 atteintes de BPCO l'ignorent**...

Pour mieux informer la population sur cette maladie, le Comité national contre les maladies respiratoires (CNMR) et la Fédération française des associations et amicales de malades insuffisants et handicapés respiratoires (FFAAIR) lancent, début 2010, l'année du poumon, la première campagne nationale intitulée “Les marches pour lutter contre la BPCO”.

Tout au long de l'année, ces “marches” seront organisées dans toute la France avec le concours de la Fédération française d'athlétisme. Il s'agit d'un véritable programme d'initiation à la marche nordique (voir photo), nouveau sport-santé venu de Finlande, qui permet de mieux respirer, tonifie les muscles du corps et renforce les chaînes musculaires et articulaires.

* Source: Société de pneumologie de la langue française (SPLF) – Recommanadations pour la prise en charge de la BPCO – Actualisation 2003. Masson.

** Source : Sondage IPSOS Santé réalisé pour le CNMR et la FFAAIR (16 décembre 2009) auprès d'un échantillon de 1 020 personnes représentatives de la population nationale.

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